Une batterie, deux claviers. Telle est la formule magique de Dirty Work of Soul Brothers, trio nancéien aux incantations électriques exhaussées il y a quelques mois par un premier album dénommé Electric Working. Après un premier EP fondateur d’un registre rock garage prototype, le groupe passe la vitesse supérieure sans perdre en lucidité. Les rythmiques plus imposantes et marquées que jamais guident une fois encore les sonorités vintages, variées et inspirées de synthétiseurs ravageurs. A la fois soul et psychédéliques, ces derniers se complètent au sein d’oscillations aussi cradingues qu’hypnotiques. Voilà un groupe que nos aïeuls sixties n’auraient pas renié bien que Dirty Work of Soul Brothers s’inscrit dans des sonorités actuelles. Au-delà de leur énergie désormais symptomatique, la formation ose de nouvelles inspirations pour son Electric Working. L’électro trouve ainsi un écho remarqué (I’m a man) tandis que les contre-rythmiques d’un dub improbable s’impose dans une ambiance plus que sensuelle (Drop Dead Gorgeous) chère à Gainsbourg au crépuscule de sa carrière. Quatre ans après sa formation, Dirty Work of Soul Brothers passe donc sans faiblesse l’étape cruciale du premier album. C’est à croire que ces frères d’armes n’ont d’infâme que leur nom.

Al.

Dirty Work Of Soul Brothers - Electric WorkingDirty Work Of Soul Brothers - Electric Working
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