Duo basse-batterie électronique et informatique, Margaret Catcher nous invite au voyage sur les rails de son nouvel EP T.E.R. Composé dans les rames fatigués des transports ferroviaires, la formation externalise deux titres, ne formant en vérité qu’une seule composition, pour dévoiler l’étendue de son inspiration. Le premier chapitre de cette odyssée explore un rock syncopique guidé par une batterie soutenue mais subtile et une basse effacée mais prenante. Le tout s’avère bien sûr agrémenté de sonorités omniprésentes rétro revisitant la glorieuse époque des consoles 8-bits. Basculant ensuite dans l’instrumental, T.E.R gagne en profondeur par ses registres antagonistes. Les rythmiques dubstep rejoignent en wagon de tête l’électro tandis que le minimalisme répétitif de Philip Glass s’installe en voiture-restaurant. Les synthés rétro restent cependant et à juste titre la locomotive de l’EP. Invités à prendre le train en marche, June Bug et NUMéROBé proposent pour conclure une réinterprétation intéressante de T.E.R. Si le premier groupe s’exerce avec un talent infantile à l’omnichord et aux harmonies vocales, le second découvre une tonalité plus sombre proche de l’abstract hip-hop. Plus classe que le jingle SNCF et plus sexy que la dame de fer, T.E.R de Margaret Catcher s’impose comme la bande-son de nos déplacements interminables.

Al.

Margaret Catcher - T.E.RMargaret Catcher - T.E.R
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