Né en pleine vague hip hop dans les années 90, Makja, signifiant maquis en corse, a muté au fil des ans pour devenir un projet multiple. De ce parcours atypique débuté pour des ateliers scolaires et carcéraux est né en mars dernier un premier EP autoproduit intitulé Un camp. Conclusion d’une tournée en quintet initée en 2012, ce nouveau quatre titres symbolise en haut lieu l’hétérogénéité de l’artiste. Par son phrasé proche du slam mais lyrique, le chanteur déverse sans vergogne des paroles sombres et réalistes. Qu’il s’inspire de son propre regard ou de celui d’autrui, Makja dégage au cœur du brouillard une sensibilité et une poésie estimables. Si les textes de l’artiste méritent l’attention, il en est de même pour l’instrumentation de son EP. Tout aussi variées, les compositions d’Un camp recèlent de sonorités rock, électro swing et classiques. Cette fusion d’influences épouse parfaitement le timbre de Makja, dégageant une certaine mélancolie bien à propos. L’effet s’avère d’autant plus réussi qu’il fait appel à des instruments à cordes dont la légèreté complète avec grâce l’énergie des guitares électriques et autres rythmiques. L’attente aura donc été bénéfique à Makja qui malgré cet EP tardif prouve la justesse de sa plume et de son oreille.

Baron Nichts
 

Makja- Un campMakja- Un camp
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