Ce n'est pas l'Alsace mais bien le blues américain qui stimule depuis six ans la créativité de Thomas Schoeffler Jr. Auteur de deux albums remarqués, l'artiste solo préfigure à la renaissance de la nature pour son troisième LP The Hunter. Evoquant les paysages forestiers et montagneux, le guitariste retrouve avec modestie les racines de la musique afro-américaine. Une simple guitare et quelques arrangements suffisent à Thomas Schoeffler Jr pour partager une émotion certaine tiraillée entre la contemplation et la solitude. Ce bouillonnement pour la vie originelle s’avère notamment loquace par de longues ballades acoustiques dépourvues de toutes rythmiques et basses inutiles (I Should Have Known). Pourtant, c’est au sein de sonorités électriques que The Hunter gagne en authenticité. Le rock britannique fait ainsi une apparition surprenante épousant les formes du blues sans le dénaturer (Sauerkraut). Cette patte anglaise évoque sans complexe la fureur de The Strokes ou le mal-être de Joy Division. Qu’elles que soient la couleur et les tonalités de ses compositions, Thomas Schoeffler Jr nous émerveille par ses voyages introspectifs nourris de son vécu personnel et de ses rêves de grand espace. Un enchantement à l’état brut. 

Baron Nichts
 

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