Fruit d’une longue expérience scénique, Escobar préserve l'essentiel pour son deuxième album Bird of prey. Le duo sort de l’œuf dépourvu d’un bassiste pour expédier dix titres courts et voltigeurs. Rock garage pour l’esprit, punk dans la forme, Escobar constitue à bien des égards un drôle d’oiseau. Son registre brut de décoffrage s’avère en réalité aussi dansant que celui des Beach Boys. Voilà une surf music tombée du nid gavée de guitares rudes et de rythmiques frénétiques. Malgré sa formation réduite, excluant notamment des chœurs complexes, le groupe préserve une musicalité rétro étonnante. Si le mixage de Bird of prey contribue aux festivités, la volonté de mélodicité du groupe s’avère plus forte. Quitte à transcender son antagonisme, Escobar s’autorise quelques excursions noise et grunge pour martyriser davantage ses instruments (Partner in crime). La fête tourne ainsi au vinaigre loin de l’ambiance des années 60 des plages américaines. Bird of prey constituerait-il la bande-son des marées noires ? Pas sur que les mouettes partagent cette avis, d’autant que leurs collègues des poulaillers en prennent pour leurs plumes dans un véritable clip documentaire tourné pour la sortie de Bird of prey. Volailles de tous pays, unissez-vous pour écouter la bonne parole d’Escobar.

Baron Nichts

 

 
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