Projet initié par Alain Brunet, guitariste de Dead Like Me accompagné pour l’occasion de son batteur, Rostres prenait l’été dernier sa respiration pour son premier album Les corps flottants. Cet essai, collectif dans la forme mais solo sur le fond, croise dans un élan instrumental les fondements du post-rock et du stoner.

Le temps de quelques accords évaporés, Rostres rentre très vite dans son sujet pour ne plus le quitter (Les corps flottants). Ses compositions tiraillent notre peur dans une litanie à la fois lumineuse et angoissante. Les corps flottants chavirent ainsi entre rythmiques tranchantes et guitares aux distorsions grasses mais pas moins martelantes. Seuls quelques arpèges mélodiques et larsens mesurés permettent à l’ensemble quelques inspirations salvatrices (Méandres). Évitant l’écueil de la monotonie, Rostres s’autorise quelques arrangements supplémentaires. Un piano et un harmonica guident ainsi Les corps flottants vers des contrées décidément obscures, surnageant notamment parmi un sinistre battement de toms multiplié à l’infini (118). Cet interlude trouve cependant une conclusion simple, reprenant avec justesse les fondamentaux de l’album (Déversoir).

Malgré sa jeunesse, Rostres démontre avec Les corps flottants une longue expérience et détermination. Ses ondoiements trouveront des échos plus que favorables aux aficionados du genre.

Baron Nichts
Kronik parue chez Indie Rock Mag le 18/10/19

Les corps flottants est disponible chez Celestine Records et WOOAAARGH.
 


 
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